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Services à la personne: CAPITALISER LES EXPERIENCES DE CHACUN PERMET DE S’AMELIORER EN CONTINU

Avec l’ASSAD de Dunkerque (Association de Services et de Soins à Domicile), le Centre pour le Développement de la Santé au Travail (CEDEST) a développé une collaboration experte, à l’écoute des besoins des salariés. Un travail d’enquête, réalisé auprès de 350 auxiliaires de vie en 2016-2017, a notamment porté sur la perception et la connaissance des risques infectieux. La prise en charge du personnel de l’ASSAD en Suivi Individuel Renforcé (SIR) par le CEDEST permet d’engager une collaboration active pour une politique de qualité et de suivi régulier. Pour la prévention, les expériences de chacun profitent à tous !

Le Dr Philippe Defasque est le médecin du travail du CEDEST qui suit l’ASSAD de Dunkerque : « Avec Aurore Deschamps, infirmière de santé au travail au CEDEST, nous assurons un suivi de proximité. Le travail d’équipe est essentiel. En mettant les salariés de l’ASSAD en suivi individuel renforcé, nous engageons une collaboration active et nous concourons à une politique de qualité au sein de l’Assad. Nous apportons une cohérence entre l’importance sociale de la prévention et les impératifs de qualité de leurs missions. La participation aux réunions de CHSCT, le dialogue constructif et permanent avec la direction et les salariés permettent de développer des actions continues, devant des enjeux de prévention de première importance ».

Le risque infectieux

« Le risque est réel et méconnu ». Ancienne infirmière libérale devenue infirmière de santé au travail au CEDEST, Aurore Deschamps connaît les contraintes du travail à domicile : « Dans le cadre de mon mémoire de spécialisation en santé au travail, j’ai réalisé une enquête anonyme auprès de 350 auxiliaires de vie, en 2016-2017. Les résultats sont là : une exposition certaine au risque biologique dans leurs activités quotidiennes de travail, un manque de connaissance évident sur les modes de contamination et sur la conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au risque viral (AEV). Or la désinformation majore le danger, c’est une réalité ». En liaison avec le Dr Philippe Defasque et l’ASSAD, Aurore Descamps va donc mettre en place, dès 2018, à l’occasion notamment des réunions trimestrielles d’expression du personnel, de courtes sessions de sensibilisation au risque infectieux. Les équipes de formation interne à l’ASSAD vont également bénéficier de ces sessions de sensibilisation et d’information. Ces sessions sont basées sur la connaissance du travail réel et sur l’état des connaissances scientifiques en la matière.

Le suivi individuel

« Pour l’ASSAD, avec Aurore Deschamps, nous avons opté pour le suivi individuel renforcé, cela me permet d’avoir une connaissance précise de la situation de chacun et de mettre en perspective les enjeux collectifs de prévention, tant vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des personnes prises en charge à leurs domiciles respectifs », nous explique le Dr Philippe Defasque. « Lors des entretiens individuels de prévention assurés par Aurore Deschamps, en tant qu’infirmière de santé au travail, et des visites médicales que j’assure personnellement, nous pouvons dialoguer avec chaque salarié au regard de son statut sérologique et dans le respect du secret médical. Le statut sérologique est déterminé par la réalisation d’une prise de sang évaluant des marqueurs sérologiques spécifiques permettant de caractériser un « historique » vis-à-vis du virus. Dans le cas du virus de l’hépatite B : vacciné ou pas, protégé ou pas, ayant eu un contact antérieur avec le virus… guéri ou pas (infection chronique plus ou moins active, à potentiel infectant variable) porteur d’un virus de co infection (virus de l’hépatite Delta) ? Ceci permet d’engager une information personnalisée et objective sur l’importance des moyens de protection (comme la vaccination) ». Chaque salarié reste libre de ses choix vaccinaux. « L’important est que chacun puisse prendre ses responsabilités, en toute objectivité et dans le respect mutuel au cours d’un dialogue apaisé vis-à-vis des obligations vaccinales » conclut le Dr Philippe Defasque.

« Chaque jour, un à deux travailleurs ne rentrent pas chez eux le soir… »

En liaison avec le CEDEST, Alain Partage, délégué régional de l’association PSRE (Prévention à la Sécurité Routière en Entreprise) intervient au sein de l’Assad de Dunkerque : « Je travaille de manière très participative et ludique avec des groupes de 40 personnes comprenant tous les métiers : infirmiers, aides-soignants, aides à la personne, agents de ménage et administratifs. Il faut savoir que chaque jour, en France, un à deux travailleurs ne rentrent pas chez eux le soir du fait d’un accident mortel de la route. Avec de courtes vidéos d’une minute et des boitiers interactifs anonymes qui permettent de répondre en temps réel, nous abordons en 3 heures de nombreux aspects : conduite automobile et accidentologie, conduite et inattention, vitesse, ceintures et objets transportés, fatigue, addictions, outils GPS et régulateurs de vitesse, vision et angle morts… Partant du vécu de chacun, en le respectant sans jugements, ces échanges permettent de se situer et de progresser ».

LES TMS, LA ROUTE… MAIS AUSSI LES ACCIDENTS D’EXPOSITION AU SANG.

Créée en 1965, l’ASSAD est présidée depuis 1993 par le Dr Marc Prud’homme. Dirigé par Françoise Hilst, l’Assad comprend 650 salariés et regroupe plusieurs services : un service prestataire d’aide à domicile qui effectue plus de 331 000 heures auprès de 2 175 bénéficiaires, dont 8 700 heures dans le cadre de la garde itinérante (jour et nuit) ; un service de garde d’enfants en horaires atypiques Gédhéon (plus de 10 000 heures) ; un service mandataire d’employés familiaux qui intervient auprès de 51 bénéficiaires ; un accueil de jour de 14 places ; un centre de soins infirmiers situé à Bergues ; et un service polyvalent d’aide et de soins à domicile (SPASAD) de 336 places dont 25 réservées à des personnes en situation de handicap. Christine Allentin est directrice du pôle soins à l’Assad : « Les auxiliaires de vie, les aides-soignants et les infirmiers interviennent au domicile de personnes de tout âge, sept jours sur sept. Les interventions sont programmées auquel cas, les salariés travaillent par tournées. Mais nous tenons aussi compte des interventions inopinées faites à la demande de nos clients. Notamment par ceux qui sont abonnés au service de la garde itinérante dans le cadre de la téléassistance pour les séniors. Au domicile, le facteur temps est primordial puisque les agents disposent d’un laps de temps limité pour effectuer les actes. Le Dr Philippe Defasque, notre médecin du travail, et Madame Aurore Deschamps, infirmière de santé au travail au CEDEST, participent régulièrement aux réunions trimestrielles du CHSCT. Outre une analyse régulière et rigoureuse de la sinistralité, le CEDEST nous apporte compétences et expertise spécialisée vis-à-vis de nos activités. Nous avons développé des actions de prévention des Troubles Musculo-Squelettiques et des accidents de la route. Après un travail d’enquête réalisé auprès de nos 350 auxiliaires de vie, nous développons des actions de sensibilisation aux accidents d’exposition au sang, avec un suivi précis et adapté de nos salariés. En effet, ce risque est bien connu en établissement de soins. Il l’est moins au domicile des patients. Il est pourtant tout autant essentiel ».

(Publié dans le N°43 : Services à la personne: on en aura tous besoin un jour !) le 13/07/2018

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