Témoignages

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Auxiliaires de vie: AU PLUS PRÈS DU TRAVAIL RÉEL…

La prévention des risques professionnels dans le secteur des services à la personne est une des priorités majeures du Plan Régional Santé Travail 2018-2022. Grâce à son équipe pluridisciplnaire, l’ASTIL développe la prévention des risques professionnels des auxiliaires de vie dès leur formation en centre d’apprentissage. Ces apprenti(e)s deviennent ensuite salarié(e)s d’un organisme spécialisé ou de particuliers. Les équipes pluridisciplinaires de l’ASTIL les retrouvent pour la prévention au cours de leur vie professionnelle. La boucle est bouclée.

En 2016, après trente ans de médecine générale, le Dr Jean-Marc Himpens est devenu médecin collaborateur en santé au travail à ASTIL : « Notre service de santé au travail voit, en suivi individuel, les aides à domicile, ainsi que les formateurs de l’AFPA. J’ai tout de suite fait le rapprochement sur la prévention du risque d’Hépatite B pour les auxiliaires de vie. Mais aussi d’autres risques infectieux : tuberculose et scarlatine, par exemple. Car, c’est dès leur formation qu’il faut sensibiliser les aides à domicile ! Et il y a aussi les risques de troubles musculo squelettiques liés à la mobilisation des personnes, le risque psychosocial lié à la relation étroite qui se crée entre aidant et aidé, le risque routier lié aux déplacements incessants. Sans compter le risque lié aux animaux domestiques ! ».

Comment repérer et suivre les auxiliaires de vie au domicile ?

La question parait simple ; la réponse est plus complexe. « Il s’agit en très grande majorité de femmes. Pourtant le métier est ouvert aux hommes. Quand elles sont employées par un organisme spécialisé, on arrive à les repérer. Quand elles sont embauchées par un particulier, c’est plus difficile. Tout dépend comment il ou elle a été déclarée. La connaissance du travail réel est souvent le seul moyen d’identifier le risque. Dès lors que la personne réalise une assistance aux gestes d’hygiène ou une aide à la toilette, on doit considérer que le travail expose à un risque infectieux ». D’autant que, souvent, le degré de dépendance augmente avec l’âge et que le salarié effectuant l’aide à la personne ne change pas.

Être au clair avec ses vaccinations

Vis à vis du risque d’Hépatite B, le Dr Jean-Marc Himpens a mis en place une démarche simple, respectueuse des protocoles de la Haute Autorité de Santé : « Sur une simple prise de sang, nous pouvons savoir si la personne a déjà été en contact ou pas avec le virus de l’hépatite B. Si elle n’est pas immunisée, nous lui proposons de réaliser la vaccination, avec une incitation forte en faveur de celle-ci. Le salarié nous signifie s’il accepte ou refuse cette vaccination. Il reste libre de choisir ». Une information sur la conduite à tenir en cas d’accident avec exposition au sang est également réalisée.

Informer dès l’apprentissage

Pour le Dr Jean-Marc Himpens, ces informations doivent être données dès l’apprentissage. Infirmière de santé au travail, Anne Rasseneur assure ces sessions d’information, mises au point avec Julie Croquet, chargée de projet : « Avec les centres AFPA de Calais et de Boulogne sur mer, nous avons conçu des modules pour les formations d’assistantes de vie aux familles. Nous abordons, de manière très participative et pragmatique, différents risques, que ces apprenti(e)s vont vite retrouver au cours de leurs stages. Le risque infectieux certes, mais aussi la prévention des TMS, des risques routiers et des risques psychosociaux… Les échanges sont privilégiés, pour qu’ils ou elles bénéficient de solutions pratiques avant d’entrer dans leur vie professionnelle ». Le succès de cette démarche repose sur un important travail d’équipe, associant des compétences pluridisciplinaires.

Centres AFPA de Calais et Boulogne-sur-mer

SENSIBILISER, INFORMER… DES LA FORMATION !

Marie-Hélène Reymbaut est formatrice « Assistant(e) de vie aux familles » à l’AFPA : « Nous assurons une formation qui est sanctionnée par un titre professionnel de niveau V (BEP) pour l’aide à domicile, en 585 heures de formation théorique sur 5 à 6 mois, et 8 semaines en stage sur le terrain. Par action de formation, nous accueillons 12 à 16 personnes, de 20 à 55 ans, essentiellement des femmes demandeuses d’emploi ou en reconversion professionnelle. En 2017, Julie Croquet et Anne Rasseneur, de l’ASTIL, ont assuré une session de sensibilisation sur le risque infectieux lors d’une action de formation à Boulogne sur mer. Devant les résultats très positifs, avec notre manager de formation Denis Buhagiar, nous avons décidé de l’étendre dans l’année et sur les deux sites. L’ASTIL nous permet de bénéficier d’une équipe de spécialistes, abordant six thèmes sous un angle pragmatique et participatif : différence entre travail réel et prescrit, gestes et postures dans l’entretien d’un domicile, mobilisation des personnes dépendantes, risques infectieux et conduite à tenir, risques routiers, sensibilisation aux risques psychosociaux. A la fin de ces sessions, chaque future salariée sait également ce que l’ASTIL peut lui apporter dans sa future vie professionnelle ». La grande majorité de nos apprenti(e)s trouve un emploi dans le bassin d’emploi du lieu de formation.

Aidàdom Côte d’Opale ( Le Portel et Etaples/mer)

DE LA CERTIFICATION À L’ACCOMPAGNEMENT EN SANTÉ

Créée en 2007 et présidée par M. Pierre Jaffré, AIDADOM est une association sans but lucratif, qui emploie 125 salariés dont 97 % sont des femmes. AIDADOM intervient sur la côte d’opale, d’Ambleteuse à Berck-sur-Mer. Bénéficiant d’une double certification (NF SERVICE – Service à la personne et CAP’HANDEO), elle assure des
services au domicile pour personnes actives, âgées ou handicapées : jardinage, aides à la toilette, élaboration de repas, assistance au lever et au coucher, accompagnement à des activités extérieures (sorties, courses, promenade). Emmanuel Lepoutre en est le directeur : « L’ASTIL est associée à notre démarche de prévention, en liaison, en interne avec le CHSCT. Nous bénéficions de conseils, d’un suivi continu, médical et paramédical. Des sessions d’informations sont également réalisées : risque routier, gestes et postures, risques d’accident d’exposition au sang. Pour ces derniers, il est capital que nos salariés connaissent bien les procédures de désinfection et de prise en charge en cas de piqure accidentelle, au domicile d’un de nos clients. Récemment, sont apparus des besoins d’informations sur les maladies anciennes : gale, scarlatine, tuberculose. Des visites au domicile ont eu lieu, permettant de voir les conditions réelles de mobilisation des malades, notamment des transferts au fauteuil. De même, nous avons été sensibilisés à l’analyse de l’arbre des causes, à mettre en œuvre en cas d’accident ». Ces sessions d’information s’adressent à l’ensemble du personnel, y compris les encadrants.

« Les personnes qui ont été sensibilisées à la prévention au cours de leur formation ont deux fois moins d’accident du travail que ceux qui ne l’ont pas été »

(Publié dans le N°43 : Services à la personne: on en aura tous besoin un jour !) le 14/07/2018

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