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YGNIS INDUSTRIE

Expositions aux fumées de soudage : sachons chasser le chrome hexavalent!

A Cauroir près de Cambrai, 2 600 chaudières collectives sont fabriquées, chaque année, par les 140 salariés d’YGNIS INDUSTRIE, appartenant au groupe ATLANTIC. Au gaz ou au fioul, ces chaudières sont destinées à des habitations collectives ou des immeubles de bureaux, des industries ou des hôpitaux, en France et en Europe. Chez Ygnis, les chaudières à condensation sont en acier inoxydable. Les fumées de soudage sur acier inox contiennent du chrome hexavalent. A partir du 1er juillet 2014, les valeurs limites d’exposition au Chrome hexavalent sont abaissées. Un véritable travail de recherche appliquée a été mené en liaison avec l’AISMT (santé au travail de Cambrai) et le concours de la CARSAT Nord Picardie (Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail).

Les chaudières à condensation ont de l’avenir, car elles génèrent de substantielles économies d’énergie. Chez YGNIS, en 2012, elles représentent 40 % de la fabrication pour 25 % en 2009. Les aciers inox, utilisés pour fabriquer ces chaudières à condensation, contiennent 18 à 22 % de chrome. Lors du soudage, une partie de celui-ci part en fumée, sous forme de chrome hexavalent. A partir du 1er janvier 2014, la Valeur Limite d’Exposition au chrome hexavalent devient contraignante (VLE RC). A partir du 1er juillet 2014, le taux acceptable est divisé par 50 : il passe de 0,05 mg/m3 d’air à 0,001 mg/m3. Médecin du travail à l’AISMT, Nathalie Muller suit YGNIS à Cauroir : «Trois pistes ont été explorées par l’entreprise : le procédé, la torche aspirante, la cagoule ventilée. Ces recherches ont été abordées au Comité d’Hygiène, de Sécurité et Conditions de Travail».

Etre en dessous de la VLE RC

« En pratique, nous devons obtenir des taux de chrome hexavalent inférieurs à 90 % de la VLE RC (Valeur Limite d’Exposition Réglementaire Contraignante). Cette marge de sécurité de 10 % lors des contrôles nous donne l’assurance que les taux restent dans les normes en production régulière», explique Boris Bouchez, responsable technique à Ygnis. « Après consultation des fournisseurs et des centres de recherche sur le soudage, nous avons entrepris des essais en ateliers, avec l’appui technique de la CARSAT Nord Picardie ».

Le procédé…

« Agir sur le procédé est la première piste. Le but est de réduire le niveau de poussière émise et le taux de chrome hexavalent contenu dans ces poussières ». Des essais ont été faits avec des fils et gaz de soudages différents, sous des régimes variables. « Nous avons d’abord repéré un fil de soudage efficace ne nécessitant pas de changement de procédé… D’origine japonaise, il n’est pas distribué en France. En changeant de procédé et avec une formation des soudeurs, on observe une réduction notable des taux ». Ceci valide une première série d’investissements : réseau de gaz, postes à souder, accompagnement des soudeurs.

L’aspiration à la source et les EPI…

Boris Bouchez poursuit : « Nous avons poursuivi nos recherches en essayant des torches aspirantes, censées capter 80 % des fumées émises. Les performances observées en situations réelles sont moins bonnes (<50%), mais permettent quand même de diminuer l’exposition des soudeurs. » Ceci valide une deuxième série d’investissements : réseau d’aspiration, torches aspirantes, équilibreurs, accompagnement des soudeurs. « Enfin, nous avons changé de cagoules ventilées pour retenir les plus performantes, de type TH3 ». Mélinda L’hévéder est Intervenante en Prévention des Risques Professionnels à l’AISMT : « Cet important travail, mené par l’entreprise, lui permet de s’engager dans un plan d’actions précis et évalué ».

YGNIS Industrie, Fabrique de chaudière collective
140 salariés
Boris Bouchez, responsable technique cauroir

Santé au Travail de Cambrai (AISMT)

(Publié dans le N°28 : Tous connectés et la santé dans tout cela ? ) le 17/11/2014

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