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Trémois

Prévention des TMS: de la cotation OSHA… à l’étude ergonomique

En sous-traitance de l’industrie automobile, Trémois produit des pièces intérieures de véhicules : tapis d’habitacle, pièces de coffre, plages arrière… Outre leurs qualités esthétiques, ces pièces jouent un rôle majeur dans l’environnement acoustique de l’habitacle. Implantée au Cateau-Cambrésis, l’entreprise emploie 173 collaborateurs. En relation étroite avec l’AISMT, service de santé au travail de Cambrai, Trémois s’est engagée dans une démarche de progrès pour la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS). L’ensemble est conduit en liaison avec le CHSCT.

Coralie Dehanne est responsable des ressources humaines : « Notre médecin du travail, le Dr Zulfikar Aytekin, est notre interlocuteur privilégié sur toute question de santé et sécurité au travail. Nos équipes Méthodes réalisent régulièrement la cotation de nos postes de travail avec la check-list OSHA ». La cotation OSHA permet, sur sept critères simples en tenant compte des durées d’exposition, de dépister les situations de travail à risque de TMS, en vue d’une analyse plus approfondie. « Dès lors que le résultat est supérieur à 9 sur un poste, nous décidons de trouver des solutions adaptées qui permettent de revenir à une cotation acceptable. Nous avons consulté le Dr Aytekin, sur des postes où nos équipes n’avaient pas identifié ces solutions ».

Le poste de négoce

Pour exemple, une étude ergonomique est en cours sur le poste de négoce. Coralie Dehanne explique : « Sur ce poste, les salariées travaillent en équipe de deux. Elles reconditionnent, dans des contenants correspondant aux prescriptions de nos clients, des pièces de différents poids et tailles, reçues en grands volumes ». Hélène Bouret, ergonome et psychologue du travail à l’AISMT, a pris en charge la demande, avec Alexis Crespin, stagiaire en Master 1 d’ergonomie à l’Université de Lille. La direction du site, les partenaires sociaux et les opérateurs sont associés dans une démarche participative dans un souci d’une amélioration pérenne des conditions de travail.

L’ergonomie, une alliée

La démarche ergonomique permet de prendre en compte les facteurs biomécaniques, psychosociaux, organisationnels et environnementaux. « Les opératrices ont entre 45 et 60 ans. Elles sont associées à l’observation de la situation de travail et la recherche de solutions », précise Alexis Crespin. « Après une phase d’analyse de la demande et une visite de l’entreprise en mars 2018, avec rencontre des différents acteurs concernés, nous avons engagé l’analyse des tâches et des contraintes. Les différences entre travail prescrit et travail réel, ainsi que les aspects organisationnels, sont abordés. L’aménagement de ce type de poste demande une importante réflexion pour trouver des outils mobiles et adaptés aux différentes manutentions ».

Les perspectives

Alexis Crespin poursuit : « Un comité de pilotage, associant direction, membres du CHSCT et de l’AISMT a déjà eu lieu en mai dernier. Il a permis d’échanger sur le contexte de la situation de travail, l’analyse des tâches, l’évaluation des charges de travail. Il a permis de présenter les premières hypothèses de préconisations. Un deuxième comité de pilotage est prévu en juillet prochain sur ces préconisations ». Actuellement, des études sont en cours pour la recherche et l’installation d’outils d’aide à la manutention polyvalents et adaptés.

TRÉMOIS
Industrie automobile

173 salariés

Coralie Dehanne, responsable des ressources humaines

CATEAU-CAMBRÉSIS

SANTÉ AU TRAVAIL DE CAMBRAI (AISMT)

(Publié dans le N°43 : Services à la personne: on en aura tous besoin un jour !) le 14/07/2018

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Dépistage des TMS: l'outil OSHA

Plusieurs méthodes existent pour identifier, voire évaluer, les risques de Troubles Muscullo-Squelettique (TMS), présents aux postes de travail. Dans une revue générale des outils existants, l’Institut National de Recherche et Sécurité distingue bien la phase de dépistage et celle d’intervention. L’outil OSHA, utilisé au sein de l’entreprise TREMOIS, est un outil de dépistage, mis au point et développé par l’Agence Fédérale Américaine pour la Sécurité et la santé au Travail (Occupational Safety and Health Administration). Son utilisation concerne spécifiquement la prévention des TMS du rachis et des membres supérieurs (bras et épaules).

L’avantage principale de la méthode est sa simplicité d’utilisation : elle est utilisable rapidement sans qualification particulière. Elle est conçue sue le principe d’une « check list » passant en revue différents critères et affectant une cotation selon les observations relevées. Au delà de 5, il est recommandé de procéder à une intervention. Cette grille d’observations et de cotation permet donc un repérage, utile pour établir des priorités d’interventions. Cet outil offre également une opportunité d’échanges avec les opérateurs concernés. Sur un poste donné, il permet un premier bilan en quelques heures d’observations.

  • Champ d’application : Poste de travail à forte sollicitation biomécanique sur le rachis et l’appareil locomoteur supérieur (cou, épaules, bras, avant-bras, main) hors postes informatiques.
  • Modalité : 17 critères portant sur 7 facteurs de risques, permettent d’établir un score.
  • Facteurs de risques pris en compte :
    • Répétitivité (mouvements des doigts, du poignet, du coude, de l’épaule et du cou)
    • Effort manuel (répété ou continu)
    • Postures contraignantes (cou, épaules, avant-bras, poignet, doigts)
    • Sur-pression cutanée (pression d’objets durs ou coupants, utilisation de la paume de la main)
    • Vibration (localisée ou généralisée)
    • Environnement (éclairage, basses températures)
    • Organisation du travail (maîtrise des cadences de travail)
  • Mise en œuvre : Pour chaque facteur de risques, des criètres font l’objet d’une cotation établie en fonction de la durée d’exposition.
  • Résultat : La somme totale des notes obtenues critères par critères (sot 17 au total) éablit le score obtenu.

Pour chaque critère, la note obtenue est variable selon la durée d’exposition. Plus celle-ci est longue, plus la note obtenue est élevée. Il s’agit bien d’une méthode de repérage, basée sur le temps d’exposition à différents facteurs de risques. Comme toute grille d’identification, il importe de faire des relevés à différentes époques et avec différents opérateurs, afin d’avoir une représentativité des différentes situations de travail.

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