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SEYFERT EMBALL

Exposition au bruit: de la cartographie au port des protections auditives

Chez SEYFERT EMBALL, 65 salariés sont spécialisés dans la conception et la fabrication d’emballages en carton ondulé, notamment pour les pièces détachées de l’industrie automobile. Des plaques brutes de carton ondulé arrivent chaque jour et sont découpées, imprimées, agrafées ou collées… Des caisses, des containers, des calages spécifiques, en carton ressortent de l’usine à destination des grands noms de l’automobile et de leurs fournisseurs. Machines de découpe rotative et agrafeuses sont parmi les machines qui émettent le plus de bruit, notamment impulsionnels. Inutile de dire que l’exposition au bruit est une préoccupation permanente dans les ateliers. D’autant plus que chargements et déchargements, circulations et transports par chariot automoteur contribuent à cette ambiance sonore élevée.

Seyfert Emball « Depuis 2008, je suis cette entreprise » nous précise le docteur Roberto Boidin, médecin du travail à l’AST 62-59. «Elle a une « dynamique sécurité » qui nous permet de les accompagner efficacement. Nous apportons un suivi adapté grâce à nos compétences pluridisciplinaires». Claire Warnez est responsable QSE (Qualité Sécurité Environnement) à SEYFERT EMBALL : « Nous avons fait une cartographie de bruit en 2007. Nous avons refait appel à l’AST 62-59 en 2012 pour avoir un nouvel état des lieux, qui nous assure d’un suivi en matière d’évaluation des risques. Les résultats nous permettent aussi de maintenir la motivation de l’ensemble du personnel pour la prévention collective et individuelle ».

De l’évaluation à l’information

Christelle Vinsot est IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) à l’AST 62-59 : « Nous avons fait une cartographie de bruit avec mesure du bruit ambiant d’une part, et dosimètres portés par les salariés sur différents postes de travail d’autre part. Ceci nous a permis de faire un diaporama très explicite. En pratique les opérateurs s’habituent au bruit. Et c’est le plus dangereux ». Les résultats ont été présentés en CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Puis des séances de sensibilisation ont été réalisées par groupe de 10 salariés, y compris ceux qui ne travaillent pas dans les ateliers. Ces séances privilégient les échanges et l’écoute des salariés, sur un mode interactif.

Passer de 40 à 70 %. Atteindre 100 %.

« Le constat est clair : le port des bouchons d’oreille est obligatoire dans l’atelier. Avant la sensibilisation réalisée par l’AST 62-59, 40 % des 35 salariés de l’atelier portaient leur protection auditive. Les raisons avancées pour ne pas les porter sont : l’inconfort, malgré des équipements sur mesure et l’absence de besoin ressenti » explique Claire Warnez. « Nous avons changé de fournisseur et opté pour des bouchons moulés de nouvelle génération. Nous avons alors obtenu que 70 % des salariés concernés portent leur Equipement de Protection Individuelle. Il reste donc 10 personnes à convaincre. Nous les abordons en entretien individuel, pour une solution au cas par cas, et contactons le docteur Roberto Boidin pour le suivi médical ». La cartographie a bien identifié des zones au sein desquelles le port des EPI est obligatoire, même si on ne fait que les traverser. Ceci est inscrit dans le règlement intérieur. « N’oublions pas que les effets du bruit sont insidieux et irréversibles. Quand la surdité est là, il est trop tard. Sur un poste de travail de 8 heures, enlever les bouchons d’oreilles 10 minutes correspond à 40 % d’efficacité en moins » précise Christelle Vinsot.

« Retirer ses bouchons d’oreille 10 minutes sur 8 heures correspond à 43 % d’efficacité en moins »

SEYFERT EMBALL, Cartonnage
65 salariés
Claire Warnez, responsable QSE
LIBERCOURT
SANTÉ AU TRAVAIL D’ARRAS-BÉTHUNE-HÉNIN-LENS (AST 62-59)

(Publié dans le N°27 : Les solvants sont partout...) le 11/08/2014

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