Témoignages

Témoignages

DELPIERRE

Fabrication de Sushis: la prévention des TMS fait partie de la recette !

Quand vous achetez un Sushi en plein Paris, il a peut-être été fabriqué la nuit précédente chez Delabli division DELPIERRE à Boulogne-sur-Mer. 100 salariés travaillent sur ce site, essentiellement consacré à la réception, le reconditionnement et l’expédition de filets de harengs, maquereaux et saumons. 11 000 tonnes par an ! En 2011, l’entreprise se mobilise pour la création d’une nouvelle activité : la fabrication de Sushis. Un atelier est mis en place. La fabrication, de type artisanale, démarre… Et le succès est au rendez-vous ! Il faut dire qu’on ne badine pas avec la qualité et le travail, chez Delpierre. Dès 2013, sous l’impulsion et le financement de l’ASTIL 62, son service de santé au travail, est déployée une démarche de prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) qui associe de nombreux partenaires.

A peine fabriqués, les sushis sont expédiés, car ils doivent être consommés dans les 4 jours. Sur l’année, des tonnes de riz sont cuites et manipulées. Des tonnes de légumes et de poissons sont découpées au plus fin et au plus vite…. A la cuisson du riz, il faut manipuler et déplacer des charges.
A la découpe, les petits dés de saumon sont réalisés au couteau manuel. Sur le poste préparation des légumes, en moyenne 90 kilos de courgettes sont débités chaque jour… Les gestes et postures sont contraignants. C’est ce qu’a constaté la CARSAT dans ses statistiques et le docteur Anita Babillotte, médecin du travail, lors de ses consultations. Le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) s’en préoccupe. La direction prend le problème « à bras le corps ».

Le regard de l’ergonome

Loïc Filliatreau est ergonome chez Quai des entreprises SISE : « En 2013, nous avons effectué une étude ergonomique sur trois postes de travail : la cuisson du riz, la découpe des légumes et du saumon, la pesée et le conditionnement du saumon. Conclusion : l’entreprise doit s’engager dans un mouvement durable de modifications des postes de travail, sur la base de préconisations précises visant à réorganiser les tâches pour limiter les contraintes, revoir des hauteurs de travail, les cycles de déplacements, les possibilités de changement d’outillages et d’équipements ».

L’appui du service de santé au travail

Pour le docteur Anita Babillotte, médecin du travail à l’ASTIL 62, « l’étude ergonomique a initié un mouvement de fond ; des énergies se sont mises en route et nous les accompagnons ; cela demande la collaboration de différentes compétences, tant en interne dans l’entreprise qu’en externe ». Pour exemple, une Assistante de Santé au Travail (AST) et une Technicienne Hygiène Sécurité (THS) de l’ASTIL 62 sont venues au sein des ateliers pour sensibiliser les salariés à la prévention des TMS. Nadège Fontaine et Katia Deblanc témoignent : _« Nous nous sommes immergées dans l’entreprise, avant de réaliser une dizaine de sessions de sensibilisation de mai à juin 2015 »._

L’animation en matière de sécurité

Céline Rasson est chargée de sécurité chez Quai des entreprises SISE : « Nous accompagnons DELABLI car l’entreprise n’a pas d’animateur sécurité en interne. Nous recherchons le matériel adapté, réaménageons les postes de travail et l’organisation de l’atelier pour diminuer les gestes sollicitants en intégrant plusieurs facteurs : santé et sécurité, production et qualité, moyens techniques et économiques disponibles ».

Un mouvement d’ensemble…

Ombeline Coquelin en charge des Ressources Humaines notamment pour le site de Boulogne : « Concernant la pesée nous travaillons en collaboration avec le SAMETH du littoral porté par Quai des entreprises HECO, afin d’adapter le poste ; le coût de cet aménagement est de 12 000 € (table élévatrice, transpalette électrique, tables inox). A la cuisson du riz, nous avons réaménagé toute la zone de travail, notamment rehaussé les fours et fait l’acquisition d’un nouveau mélangeur. Pour la découpe, nous sommes à la recherche d’outillages adaptés. C’est un mouvement d’ensemble que nous avons engagé. Les membres du CHSCT sont également impliqués dans notre démarche ».

L’étude ergonomique a initié un mouvement de fond
Docteur Anita Babillotte, médecin du travail,
ASTIL 62

DELABLI
Delpierre, Fabrication de sushis
100 salariés
Ombeline COQUELIN,Ressources Humaines

BOULOGNE-SUR-MER

SANTE AU TRAVAIL DE CALAISBOULOGNE – LE TOUQUET (ASTIL 62)

1 – Société d’Ingénierie Sociale d’Entreprises, Quai des Entreprises, Coquelles

(Publié dans le N°32 : Pénibilité : moins de Pénibilité plus de performance !) le 23/11/2015

Témoignages