Témoignages

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CMP Dunkerque

Attention : un diagnostic ne doit pas en cacher un autre… place à l’action !

« C’est de la grosse cavalerie », nous dit d’emblée Amélie Szambelan, responsable des ressources humaines à CMP Dunkerque. Les sphères, les réservoirs cryogéniques, les appareils à pression et autres structures réalisées par CMP Dunkerque à Petite-Synthe sont souvent gigantesques. « Pour vous donner une idée, nous travaillons actuellement sur les ancres d’un bateau-usine qui mesurent 13 à 16 mètres de longueur, plus de 6 mètres de diamètre constituées de tôles d’aciers de 20 à 80 millimètres d’épaisseur. Nous travaillons en mode projet, dans le cadre d’appels d’offre clients et exportons dans le monde entier ». Le décor est planté. L’action est au rendez-vous.

CMP Dunkerque

Au regard de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites, CMP Dunkerque est tenu de concevoir et mettre en place un plan d’action pour la prévention de la pénibilité. « Abordé dès 2012, nous avons souhaité que le plan d’action « Pénibilité » soit en synergie avec les plans d’action « Egalité Homme-Femme » et « Sénior » et s’inscrive dans une démarche globale de prévention, en cohérence avec le Document Unique d’Évaluation des Risques… Au sein de l’atelier, nous avons une population relativement jeune et l’anticipation doit être une priorité. Nous avons également des collaboratrices et des séniors pour lesquels l’aménagement des postes de travail doit évoluer. »

Maîtriser la complexité

Amélie Szambelan précise : « Au départ, nous avons voulu aller dans le détail : facteur par facteur, poste par poste, tâche par tâche. C’est vite devenu ingérable. Nous nous sommes noyés dans l’analyse ! » Les postes de travail sont nombreux : préparation, montage, assemblage, soudage… et les taches sont très variables, d’une commande à une autre.

Développer les dialogues en interne

Des groupes de travail ont été constitués par l’équipe HSE et l’encadrement. « En écoutant les salariés, nous avons défini des axes de travail correspondant à leurs préoccupations : contraintes posturales, manutentions, bruit, fumées de soudage. Ce constat de terrain a été étudié avec le CHSCT1, en croisant avec d’autres données et informations sécurité (registre d’infirmerie, analyse des accidents, …). Nous avons également associé le docteur Joël Merle, notre médecin du travail au CEDEST et fait appel au S.I.S.E.2 via notre service de santé au travail qui a pris en charge une partie de l’intervention. L’approche ergonomique nous a été très utile. »
Pour le docteur Joël Merle, cet accompagnement de l’entreprise est possible grâce à la pluridisci- plinarité.

Bénéficier d’un « œil expert » et extérieur

Mélissa Devémy est ergonome au S.I.S.E. : « Je suis intervenue auprès de CMP Dunkerque avec Céline Rasson, chargée de sécurité au S.I.S.E. Ces deux compétences sont complémentaires pour expliquer les différents facteurs de pénibilité, comment ils peuvent être appréhendés dans les situations de travail. Puis, c’est à l’entreprise de s’approprier une méthode, en associant les salariés et le CHSCT ». Amélie Szambelan conclut :« Nous avons défini des axes de travail sur 3 ans en veillant à l’aspect formation et développement des compétences ; en effet, les mesures techniques ne sont utiles que si le personnel est sensibilisé et se les approprie. Le facteur humain a une place majeure !»

La première étape est d’être au clair avec la définition légale des facteurs de pénibilité”
Mélissa Devémy, ergonome, S.I.S.E

CMP DUNKERQUE
Chaudronnerie industrielle
100 salariés
Amélie Szambelan, responsable des ressources humaines
PETITE-SYNTHE
SANTÉ AU TRAVAIL DE DUNKERQUE (CEDEST)

1. Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail.
2. Société d’Ingénierie Sociale d’Entreprise, Quai des Entreprises, Parc d’Affaires, 430, Bd du Parc, 62903, COQUELLES – 03 21 85 21 85

(Publié dans le N°24 : Expositions aux risques: moins de pénibilité, plus de santé) le 20/11/2013

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