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BP France

Priorité à l’information: on arrête l’usine pour une journée !

Le site industriel BP France de Péronne, dans la Somme, regroupe la fabrication de lubrifiants industriels et une plate-forme logistique de stockage et de distribution. Cent salariés travaillent sur le site, pour une distribution des produits vers la France (12%), l’Europe (83%) et l’International (5%). L’ambition du groupe BP est d’atteindre zéro accident, sur chaque site. En juin 2015, la direction, l’encadrement et les agents de maîtrise ont décidé, avec le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, d’arrêter la production de l’usine sur une journée, pour la consacrer à des ateliers sur la santé et la sécurité au travail. L’ASMIS, son service de santé au travail, a répondu présent, à travers l’organisation d’un atelier sur les Risques Psychosociaux.

« Aucun site de BP au monde n’avait osé faire cela », nous déclare Stéphane Langlet, directeur de l’usine de BP France à Péronne depuis deux ans.
« Un de nos messages-clés est d’arrêter si la sécurité au poste de travail est en jeu, pour signaler immédiatement le danger. L’idée d’arrêter toute l’usine sur une journée, pour échanger sur la santé et la sécurité au travail, est donc venue tout naturellement… En un mot : si la direction est capable de le faire à l’échelle de l’usine, vous pouvez le faire à l’échelle de votre poste de travail ». Des ateliers ont été organisés sur la journée. « L’emploi du temps était bien rempli ! Et le déjeuner a été pris tous ensemble sur place ».

Un atelier sur les RPS

Benoit Couvreur est le médecin du travail qui suit le site de Péronne : « A l’ASMIS, nous avons un pôle Psychologie. Nous avons donc proposé d’aborder les risques psychosociaux, car cela se révèle très flou dans de nombreuses entreprises. Or, c’est une réalité sur laquelle on peut agir ». Stéphane Langlet précise : « Avec Muriel Windholtz, responsable HSE, nous voulions donner le maximum d’information en direct et susciter des échanges, pour alimenter le débat collectif. Plusieurs thèmes ont été ainsi abordés : le risque chimique, le risque d’incendie, l’ergonomie au poste de travail, les risques psychosociaux, les TMS, la circulation, le bruit ».

Des échanges

Psychologue du travail à l’ASMIS, Denis Deshayes a animé l’atelier sur les risques psychosociaux : « Sur sept ateliers d’une heure, nous avons répondu aux questions des salariés, répartis par groupes de 10 ou 15 personnes, en mêlant les différents métiers de l’usine. On a pu mettre des mots sur des notions abstraites, souvent méconnues et qui peuvent préoccuper, ce qui a permis de réduire les amalgames et les craintes ». Le stress, la gestion des émotions, ainsi que les situations de tensions, ont fait l’objet de nombreux échanges.

Des résultats

« Le principe est d’avoir un plan d’actions pertinent et adapté aux risques. Pour cela, nous avons besoin que les salariés s’expriment. Et donc, il faut que la santé et la sécurité fassent partie de la culture de l’entreprise » poursuit Stéphane Langlet. « Neuf mois après, on constate un tournant dans la prise de conscience collective. Depuis quatre mois, nous n’avons eu aucun accident. Sous le contrôle du CHSCT, la transparence est de mise. L’écoute est gage de succès ».

Il faut que la santé et la sécurité fassent partie de la culture de l’entreprise.
Stéphane LANGLET
Directeur d’usine, BP France

BP France
Fabrication et distribution
100 salariés
Stéphane LANGLET, Directeur d’usine
Muriel WINDHOLTZ, Responsable HSE

PERONNE

SANTE AU TRAVAIL D’AMIENS (ASMIS)

(Publié dans le N°33 : Chefs d’entreprises, salariés et travailleurs indépendants: évitons le Burnout!) le 02/03/2016

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