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BARDUSCH SA

Blanchisserie industrielle: préserver l’avenir de nos salariés

A Fontaine-Notre-Dame, chez BARDUSCH SA, des tonnes de linge transitent chaque jour. En 3 heures en moyenne, le linge est réceptionné, trié, vérifé, lavé, séché, revérifé, repassé, plié, emballé et réexpédié. Dans une « marche en avant » au cours de laquelle le linge sale ne doit pas croiser le linge propre. 180 salariés travaillent sur le site. Chaque jour, 50 à 55 tonnes de linge plat sont traitées pour les établissements d’un groupe hôtelier et des tonnes de vêtements de travail pour des grands noms de l’agroalimentaire ou de la métallurgie. Une collaboration régulière avec l’AISMT (Santé au Travail de Cambrai) s’est mise en place depuis quelques années, afn de préserver la santé des salariés.

Blanchisserie industrielle « Il y a un historique » nous confie Françoise Lamour, responsable sécurité chez BARDUSCH SA. « BARDUSCH a racheté l’usine en 2001. On parlait peu des TMS, Troubles Musculo-Squelettiques. Or la moyenne d’âge de nos salariés est de 46 ans, avec 20 à 40 ans d’ancienneté… Nous avons eu, sur ces dernières années, une inflation de déclaration de TMS en Maladie Professionnelle ». Médecin du travail à la santé au travail de Cambrai, le docteur Thérèse Leroy suit l’entreprise depuis 2010 : «Nous avons fait une étude de la situation, au sein même de l’entreprise. En complément, les salariés ont répondu à un questionnaire. Ceci m’a permis de présenter un diagnostic précis, chiffres et explications à la clé. C’est très important d’expliquer le pourquoi et le comment des TMS à la direction, au CHSCT1, aux responsables de production, aux chefs de poste, aux salariés ». Un mouvement de fond s’est alors mis en route….

Des « petites choses »

Pour Françoise Lamour, «beaucoup d’idées viennent des salariés eux-mêmes. Au niveau du linge sale, par exemple, nous avons aménagé des tapis, rajouté des alvéoles, etc. ». Le but général est d’éviter les gestes avec les bras au dessus des épaules, de supprimer les sollicitations trop violentes comme par exemple « tirer sur le linge emmêlé à la sortie des machines à laver », d’être attentif aux postures, aux rythmes et aux charges manutentionnées.

Des investissements « lourds »

L’hygiène, la sécurité et la santé sont intégrés dans les plans d’investissement. « _En 2015, nous allons agrandir la trieuse avec du matériel neuf. Nous avons déjà deux calandres neuves, qui intègrent l’ergonomie des postes de travail dans leur conception. Pour information, l’ergonomie a aussi fait son entrée dans les bureaux. Et les nouveaux camions sont équipés de hayons pneumatiques qui assurent un réglage en hauteur précis et sécurisé_… » poursuit Françoise Lamour.

Des gains sur le court, moyen et long terme

«Il nous faut développer la prévention pour ne pas avoir à indemniser plus tard en réparation…Nous sommes engagés dans un plan d’actions continues comportant chacune constats, indicateurs, réf érents, délais et investissements nécessaires. Nous avons déjà des indicateurs de succès. Par exemple, le taux de réserves sur les aptitudes médicales est déjà passé de 25 à 20 %. Le but est de ne plus avoir de salariés à reclasser ! », conclut Françoise Lamour. Pour le docteur Thérèse Leroy, « en aménageant les postes maintenant, on améliore tout de suite la situation des anciens, tout en préservant les salariés qui arrivent ». En santé au travail, améliorer aujourd’hui, c’est se préserver pour demain.

Il est important d’expliquer le pourquoi et le comment des TMS”.
Docteur Thérèse Leroy, médecin du travail à l’AISMT

BARDUSCH SA
Blanchisserie industrielle
180 salariés
Françoise LAMOUR, Responsable Sécurité.
FONTAINE-NOTRE-DAME
SANTÉ AU TRAVAIL DE CAMBRAI (AISMT)

1. Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail

(Publié dans le N°27 : Les solvants sont partout...) le 06/08/2014

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