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Pressing

Détecteur COV Petite révolution dans les pressings

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Tout démarre au 41 rue d’Isle à St Quentin. Roger Bugnicourt est propriétaire d’un pressing et emploie trois salariés. Lors d’une visite médicale, le médecin du travail détecte un taux trop élevé d’acide trichloracétique dans leurs urines. Pas de panique, Stéphanie Buisine, ingénieur prévention à la Santé au Travail de St Quentin (MTA) est intervenue…

L’arme fatale : un détecteur de Composés Organiques Volatils (COV). Cet appareil a pour fonction de détecter des pics d’exposition en repérant la concentration d’un ensemble de molécules. Dans le cas de notre pressing, le perchloroéthylène, un gaz toxique pour la santé en trop grande quantité. Stéphanie Buisine a réalisé les prélèvements sur les salariés en pleine activité : « Le détecteur a été placé au niveau des voies respiratoires en deux temps. La première fois en activité usuelle. La deuxième fois en ajoutant un cycle de séchage en fin de lavage à sec ».

Le perchlo a pris l’eau

Résultat ? Entre la première et la seconde mesure, le niveau d’exposition au perchloroéthylène a été diminué de 40% au déchargement du linge propre de la machine et de 80 % au repassage du linge lavé. « Tout cela en ajoutant seulement un cycle de séchage, insiste Stéphanie Buisine, soit 5 à 10 minutes de plus ! » Autres recommandations proposées : attendre quelques minutes avant d’ouvrir une machine, placer le bac à linge sous une hotte aspirante ou éloigner le poste de repassage du tunnel de défroissage. Dorénavant, la Santé au Travail de St Quentin (MTA) est en mesure de proposer aux pressings adhérents le même type de relevé. Et Roger Bugnicourt de conclure : « Moitié moins de résidus, moins de vapeurs, bref un cadre de travail beaucoup plus agréable pour moi et mes salariés ».

VOUS AVEZ DIT C.O.V. ?

Derrière ce sigle « C.O.V. » se cachent des substances qui ont la fâcheuse tendance de flotter dans l’air ambiant…et d’être respirées. C’est le V de Volatil. Ces substances sont organiques, contenant du carbone, tout comme les êtres vivants. C’est le O d’Organique. Le C signifie Composé. D’où C.O.V. ! Composés Organiques Volatils. Au travail, les C.O.V. sont utilisés comme solvant, dégraissant, agent de nettoyage, dissolvant, agent dispersant. Certains noms parlent d’eux-mêmes : Butane, Propane, Ethanol, Acétone, Xylène, Trichloréthane, Perchloroéthylène, Benzène. Arrêtons-nous là, ces composés se comptent par milliers… Certains sont d’origine naturelle. La majorité est d’origine artificielle, et se retrouvent dans de nombreux usages domestiques et professionnels. Sans entrer dans le détail, ces produits peuvent être irritants pour la peau, les yeux et les poumons. Ils peuvent aussi abîmer le système nerveux, le foie et les reins. Certains sont repérés comme pouvant être cancérogènes, comme le benzène, par exemple. Chaque produit a ses particularités. Les étudier est affaire de spécialiste. Devant les dangers liés à ces composés : soit les remplacer, soit s’en protéger ! Au travail, cela est possible, car on peut les doser dans l’air ambiant et les retrouver dans les liquides biologiques des personnels exposés. Ces dosages permettent de prouver la sécurité d’un procédé existant ou la validité d’un investissement de prévention. Tout en rassurant les salariés et leur employeur… En effet, les résultats sont souvent très explicites. Votre médecin du travail est votre conseiller privilégié pour élaborer le protocole de surveillance le mieux approprié et le plus fiable. Il peut intervenir avec des techniciens et des toxicologues avertis. N’hésitez pas à le consulter si vous avez le moindre doute…

(Publié dans le N°4 : Dîtes oui à ) le 15/10/2008

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