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LALAUT Traiteur

Essai encadré : « Je ne veux pas terminer dans un canapé avec des chips ! »

Créé en 1982, LALAUT Traiteur emploie aujourd’hui 20 salariés à Boulogne-sur-Helpe. Cette entreprise familiale, dirigée par Marc Lalaut, réalise des repas et des plats à emporter pour collectivités, associations ou familles. Les livraisons dans l’Avesnois, l’Aisne ou la Belgique mobilisent une flotte de 15 véhicules : véhicules légers, camionnettes, camions. Le bon entretien des véhicules est essentiel pour l’activité. Il est confié à un mécanicien, Fréderic Bigo, arrivé en 2000 chez LALAUT Traiteur : « J’ai besoin de travailler. Mes soucis de santé ne doivent pas m’en empêcher ! ». En 2015, le docteur Gilles Fombonne, médecin du travail à STSA (Santé Travail Sambre Avesnois), a participé, pour la première fois, à un « essai encadré ». Explications.

Agé de 53 ans, Frédéric Bigo résume : « Je témoigne pour que cela serve à d’autres. J’ai eu des soucis avec mon dos dès mes 23 ans. Apprenti dès 1980, j’ai toujours travaillé dans l’entretien et la réparation de poids lourds et véhicules industriels. Je ne me vois pas faire autre chose… En 1998, suite à une chute de toit, je me suis fracturé le rachis. J’ai perdu mon travail. J’ai obtenu la fameuse RQTH, Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Je suis rentré chez LALAUT Traiteur en 2000. Et la médecine du travail m’a toujours aidé. Je ne me vois pas terminer dans un canapé avec des chips ! Je veux travailler et garder une activité ».

Un suivi continu

Véronique Hanon est assistante en santé travail, référente maintien dans l’emploi à STSA : « Dès 2004, l’aménagement d’un pont électrique pour l’entretien des véhicules (avec participation financière de l’AGEFIPH) a permis au salarié de ne plus utiliser la fosse. En 2014 et 2015 nous avons accompagné Monsieur Bigo pour le renouvellement de la RQTH afin de prévoir de nouveaux aménagements de poste ». Frédéric Bigo précise : « En avril 2014, j’ai dû me faire opérer de la colonne vertébrale. J’ai eu 16 mois d’arrêt de travail avec rééducation ».

Un partenariat bénéfique

Pour Véronique Hanon : « Tout repose sur la qualité des dialogues. Avec le salarié et son employeur, d’une part. Avec des intervenants spécialisés tels que le SAMETH (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés) d’autre part. La réalisation de l’essai encadré a nécessité l’accord du médecin du travail, de l’employeur, du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil de la CPAM, de l’assistante sociale de la CARSAT ». C’est un véritable travail d’ingénierie sociale. En 2014, des aménagements de poste ont été préconisés. En 2015, l’essai encadré a permis de tester la remise au travail et de valider le besoin d’aménagement avant la reprise effective du salarié.

Un test « grandeur nature »

Le docteur Gilles Fombonne est le médecin du travail qui suit Frédéric Bigo et son entreprise : « Ce n’est pas toujours facile de déterminer l’aptitude médicale à un poste de travail, même avec une grande expérience. L’essai encadré permet de tester en situation réelle pendant 3 jours maximum pendant l’arrêt de travail, la remise au travail du salarié, tout en observant si cela est compatible avec son état de santé. Il faut que l’employeur soit partant et que le salarié soit volontaire ». Marc Lalaut conclut : « Nous faisons au mieux pour le salarié et l’entreprise ».

LALAUT Traiteur

20 salariés

Marc LALAUT, directeur
Frédéric BIGOT, mécanicien

BOULOGNE-SUR-HELPE

SANTÉ AU TRAVAIL DE SAMBRE AVESNOIS (STSA)

(Publié dans le N°34 : Santé au travail : PLUS EFFICACE À PLUSIEURS !) le 30/05/2016

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L’ESSAI ENCADRE EN SEPT QUESTIONS

Démarré en 2013, et expérimenté par la CARSAT NORD PICARDIE, l’essai encadré permet à un salarié de tester ses capacités à reprendre son poste de travail, durant la période d’arrêt de travail. Il permet au médecin du travail d’établir un avis d’aptitude médicale, en étant mieux éclairé sur la compatibilité entre le poste de travail et l’état de santé du salarié. En ce sens, il s’agit bien d’un « essai ». Il est « encadré », car il se réalise sous des conditions précises de déroulement.

Qui peut en bénéficier ?
Un salarié, relevant du régime général d’assurance maladie, en arrêt de travail pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle.

Pourquoi ?
Pour évaluer les capacités à reprendre le poste de travail initial ou aménagé ou un autre poste de travail, en situation réelle de travail. La finalité est de tester les possibilités de maintien dans l’emploi chez l’employeur actuel et d’éviter la désinsertion professionnelle pour raison de santé.

Qui en fait la demande ?
Le salarié indemnisé au titre d’un arrêt de travail pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle, qu’il soit sous CDD ou CDI, intérimaire, stagiaire ou en apprentissage.

Auprès de qui, la demande est-elle faite ?
Auprès du Service Social de la CARSAT (Caisse Régionale d’Assurance Retraite et de Santé au Travail).

Sous quelles conditions, l’accord est-il donné ?
La demande est instruite sur un court délai par le service social de la CARSAT L’essai encadré peut avoir lieu après recueil de :
•L’avis du médecin du travail, établi en lien avec l’employeur et permettant d’argumenter la demande au niveau de l’entreprise et de l’emploi ;
•L’accord du médecin traitant ;
•L’avis du Service social de la CARSAT ;
•L’accord du médecin conseil et des services administratifs de la CPAM, afin d’assurer la continuité de l’indemnisation au titre de l’arrêt de travail pendant les journées de travail en essai encadré au sein de l’entreprise.
A noter que cet accord permet au salarié d’être couvert pour le risque AT MP durant l’essai encadré, sans imputation au compte employeur le cas échéant.

Comment se déroule l’essai encadré ?
Schématiquement, voici la marche à suivre :
•Visite médicale de pré-reprise avec le médecin du travail ;
•Rencontre employeur, salarié, médecin du travail et représentant SAMETH (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapé) ou Comète France pour cosigner un accord commun et concerté de demande d’essai encadré.
•Remise de la demande de la part du salarié auprès du service social de la CARSAT
•Instruction de la demande par le service social de la CARSAT
•Mise en situation de travail au sein de l’entreprise sur trois jours maximum (fractionnables), avec observations conjointes du salarié, du médecin du travail, de l’employeur, du représentant du SAMETH ou de Comète France.
•Etablissement d’un bilan concerté entre le salarié, le médecin du travail, l’employeur, le représentant du SAMETH ou de Comète France
•Etablissement des conclusions d’aptitude de la part du médecin du travail
•Bilan établi par le service social de la CARSAT six mois après la réalisation de l’essai encadré.

Quelles sont les suites de l’essai encadré ?
En fonction de ses conclusions, l’essai encadré permet au salarié et à son employeur :
•De réaliser la reprise du travail au poste essayé
•De réaliser des aménagements du poste avant reprise, avec éventuellement nouvel essai encadré
•De procéder à un changement de poste au sein de l’entreprise
•De procéder à une réorientation professionnelle.

En conclusion, si vous êtes intéressé(e), n’hésitez pas à en parler à votre médecin du travail !

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