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BUT Fayet

Maintien dans l’emploi: chez nous aussi il gardera son travail!

32 salariés travaillent au magasin BUT, situé à Fayet, près de Saint-Quentin. Une équipe de la taille d’une TPE ! Au dépôt du magasin se trouve une mezzanine où l’on stocke des matelas et la chaiserie. Monsieur Y est adjoint au chef de dépôt. Toujours dévoué auprès des clients, il n’hésite pas à monter et descendre plusieurs fois par jour l’escalier de la mezzanine, avec des colis plus ou moins lourds et encombrants. A 51 ans, en 2011, il est confronté à des problèmes de santé. Après deux ans d’arrêt pour maladie, il reprend son poste. Cependant, la réalité est là : il ne peut le garder que sous réserve d’aménagements. C’est chose faite grâce à un dialogue étroit entre la direction du magasin et MTA, son service de santé au travail.

Le docteur Véronique Gibbe, médecin du travail pour MTA, situe d’emblée l’enjeu humain : « A 10 ans de la retraite, monsieur Y souhaitait garder son poste, au magasin. Et si monsieur Y arrêtait de travailler, à 51 ans, comment retrouverait-il du travail ? Que faire ? Après une période de pré-reprise en 2012, je ne pouvais que suggérer des aménagements de poste. Et la direction du magasin m’a suivie. Quand la volonté du salarié est associée à la volonté de la direction, on a déjà beaucoup plus d’atouts pour trouver une solution et réussir le maintien dans l’emploi ». Frédéric Vandenberghe est directeur du magasin : « Nous souhaitions garder monsieur Y. Mais cela était-il possible ? La réponse est venue après une étude ergonomique pointue menée par MTA, notre service de santé au travail ». Au dépôt, tout le monde se souvient du jour où monsieur Y a été couvert de capteurs…

De l’observation simple… à la mesure du rythme cardiaque !

Laurence Samain est ergonome à MTA : « Le maintien dans l’emploi est l’une des missions d’un service de santé au travail. Nous avons donc réalisé une étude ergonomique complète : rencontre du directeur et du chef de dépôt, observation du travail en situation réelle, entretiens pour connaître le ressenti et les suggestions des salariés. Dans le cas présent, pour objectiver l’importance des efforts, nous avons fait une cardiofréquencemétrie. C’est-à-dire que nous avons enregistré en continu le rythme cardiaque, en relevant toutes les tâches effectuées. Nous avons pu ainsi évaluer la charge physique, en repérant les séquences les plus génératrices d’efforts ». Les résultats de l’étude ont été restitués à l’ensemble de l’équipe. « Ceci a permis de mettre à plat beaucoup de choses ».

Du simple rangement… à l’achat d’une nacelle !

Chef de dépôt, Christophe Marlier en présente les suites : « Cette réflexion collective nous a permis de repenser les allées et les passages, la signalétique et les rangements. La disposition des références sur les palettes a été révisée, afin d’éviter de charger et décharger trop souvent les colis. Reste cet escalier qu’il faut monter et descendre…». La solution est pour bientôt. En effet, dès juillet 2015, le magasin sera équipé d’une nacelle, avec une aide financière de l’AGEFIPH1. Monsieur Y pourra alors retrouver pleinement ses fonctions. Tout ceci a été possible à partir du moment où monsieur Y a bénéficié de la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) et de l’intervention du SAMETH 02 (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés). Une chaîne de solidarité, en quelque sorte…

Le maintien dans l’emploi est l’une des missions d’un service de santé au travail”
Laurence Samain, Ergonome, MTA

BUT
Grande distribution
32 salariés
Frédéric VANDENBERGHE, Directeur
Christophe MARLIER, Chef de dépôt
FAYET

SANTE AU TRAVAIL DE SAINT-QUENTIN (MTA)

1 Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées.

(Publié dans le N°31 : Santé et Qualité de Vie au Travail: un + pour votre compétitivité) le 09/07/2015

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SAMETH: ACCIDENT OU MALADIE, PEUT-ON GARDER SON EMPLOI ?

Aider le salarié et son entreprise pour le maintien dans l’emploi, des suites d’une maladie ou d’un accident, est l’une des missions de votre service de santé au travail. Tout commence donc par un dialogue de confiance entre le salarié et le médecin du travail. Dans le respect du secret médical, ce dialogue doit intégrer le chef d’entreprise. En effet, ce n’est qu’à partir de là que tout peut commencer… et réussir ! Le chef d’entreprise, le salarié et le médecin du travail peuvent avoir recours à des spécialistes qui sauront leur apporter orientations et supports techniques : le SAMETH.

Au sein de chaque département, grâce au financement de l’AGEFIPH, est implanté un Service d’Appui au Maintien dans l’Emploi d’un Travailleur Handicapé : le SAMETH. Chaque SAMETH est composé de personnels qualifiés, rompus aux questions relatives à l’emploi de travailleurs handicapés.

Pour qui ?

Pour les personnes ayant obtenu la RQTH (Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé) :
•Les salariés des entreprises privées (CCI, CDD de plus de 6 mois, y compris les entreprises sous accord agréé qui ont atteint leur quota de 6 % de Travailleurs Handicapés).
•Les agents ou stagiaires de la fonction publique (Fonction publique d’état, fonction publique territoriale, fonction publique hospitalière).
•Les travailleurs indépendants.
A savoir : la Reconnaissance de Qualité de Travailleurs Handicapé (RQTH) est délivrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées. Les salariés bénéficiaires d’une rente AT ou MP supérieures à 10 % peuvent bénéficier d’une prestation du SAMETH sans demande de RQTH.

Qu’apportent-ils ?

Les salariés, leurs entreprises et leurs médecins du travail bénéficient ainsi d’aides et conseils, spécialisés et expérimentés, portant sur :
•Le cadre juridique de la démarche de maintien dans l’emploi.
•L’analyse de la situation précise (ex. : étude ergonomique du poste, bilan de compétences du salariés, etc.).
•La recherche de solutions adaptées au salarié et à son entreprise (ex. : aménagement de poste, reclassement du salarié, contrat de rééducation en entreprise, tutorat, etc.).
•L’identification et l’évaluation des aides possibles (techniques, humaines et financières).
•La mobilisation de ces aides pour la solution retenue.
•Le suivi et l’évaluation des résultats obtenus.
Les compétences apportées sont donc juridiques, financières, ergonomiques, techniques et humaines. Chaque situation est un cas particulier. Faire intervenir le SAMETH, c’est bénéficier d’une expérience pratique irremplaçable…

Est-ce gratuit ?

Oui, au sens ou l’intervention n’est pas facturée à l’entreprise. Car, pour le secteur privé, elle est directement financée par l’AGEFIPH (Agence pour la Gestion du Fonds d’Intervention pour les Personnes Handicapées). S’agissant du secteur public, le personnel du SAMETH est alors mis à disposition du FIPHP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique).

Comment en bénéficier ?

L’idéal est d’appeler son médecin du travail. Il est au point de départ de la démarche. Dans le strict respect de sa mission, tout part de l’avis du médecin du travail relatif à l’adaptation du poste de travail aux capacités restantes du salarié du fait de sa maladie ou de son accident. Dans ce cadre, faire appel au SAMETH, c’est bénéficier d’une expertise sur les solutions envisageables et leurs financement potentiel. Le SAMETH travaillera en liaison étroite avec le médecin du travail, le salarié, l’entreprise, la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail) et tout partenaire concerné.

ATTENTION : In fine, rien ne peut être décidé sans l’accord du salarié : adaptation de son poste de travail, changement de poste de travail, formation professionnelle pour un reclassement au sein de l’entreprise ou dans une autre entreprise, etc. Cependant, l’employeur doit pouvoir prouver qu’il a fait tout ce qui lui était possible de faire pour maintenir le salarié au sein de son entreprise, avant de considérer qu’il n’a pas de solutions en interne

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