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l’ASMIS

Prévenir les troubles musculo-squelettiques chez les maçons

Les maçons sont directement soumis aux facteurs de risques des Troubles Musculo-Squelettiques (notamment épaule et coude) et aux problèmes lombaires. A Amiens, au siège de l’ASMIS, une vingtaine d’entreprises a participé à une réunion d’information et d’échanges, le 14 avril 2011, sur la prévention des affections lombaires et des TMS dans « les travaux de maçonnerie ». Au total, une quarantaine de personnes. Deux réunions d’information étaient organisées au cours de l’après-midi avec une présentation de matériels et d’équipements par des fournisseurs. A 14 heures, la session était orientée de préférence vers les entreprises de plus de 50 salariés. A 16 heures, la session était orientée vers les entreprises de moins de 50 salariés. Car la taille de l’entreprise influe sur la nature des chantiers et des moyens de prévention disponibles.

La préoccupation des facteurs de risques TMS étant commune à l’ASMIS (Association pour la Santé au Travail et la Médecine Inter-entreprise de la Somme) et l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics), c’est dans ce contexte qu’un groupe de travail s’est constitué afin de sensibiliser et d’accompagner les entreprises BTP et leurs salariés dans la prévention de ces risques professionnels. Par exemple, une étude portant sur les différentes pratiques de mise en oeuvre de blocs de maçonnerie en élévation a été réalisée par ce groupe.

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3 thèmes majeurs

Cette journée était l’occasion d’un dialogue direct avec les entreprises et leurs salariés autour de trois thèmes majeurs :
- les études statistiques,
- les études de poste et les pistes de prévention adaptées afin d’améliorer
- les conditions de travail en réduisant les risques professionnels,
- les propositions d’accompagnement des entreprises par l’ASMIS et l’OPPBTP.

Chaque exposé était illustré de données et d’exemples concrets, observés et vécus sur le terrain.

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Les données médicales

Ayant une expérience de plusieurs années dans le suivi de santé des entreprises du BTP, le docteur Yvon Lefebvre, médecin du travail à l’ASMIS, a présenté le résultat d’études statistiques de prévalence par affections et professions. Les chiffres font « froid dans le dos ». La fréquence des troubles ou des pathologies est très variable selon le métier exercé. La prise en charge précoce est capitale. Les gênes douloureuses intermittentes sont des signes précurseurs qui doivent attirer l’attention…

Il ne faut pas attendre le stade des douleurs aigües, ni celui de douleurs chroniques associées à une limitation fonctionnelle pour agir. Avec beaucoup de didactisme, le docteur Yvon Lefebvre a expliqué deux pathologies majeures pour le maçon : la tendinite de l’épaule et la sciatique par hernie discale. La salle était silencieuse et attentive.

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La réalité du travail

En présence de Catherine Col, chef d’agence de l’OPPBTP, monsieur Christian Guillon, conseiller en prévention à l’OPPBTP, et Elodie Amiot, ergonome à l’ASMIS, ont présenté, photos à l’appui, l’importance des études de poste. Avec Christian Guillon, nous avons suivi la construction d’un mur, en visualisant au fur et à mesure les situations de travail sujettes à risques.

L’approvisionnement des blocs et des liants est examiné. Les accès, la gestion des stocks intermédiaires, le type de brouette ou de chariot élévateur ne sont pas anodin. La disposition au poste de travail lui-même peut faire l’objet d’aménagements appréciables : attention au rayon d’action, au poids des sacs de ciment, au transport du mortier, et à son transfert…

L’apport de l’ergonome

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Elodie Hamiot présente les normes relatives aux espaces de travail et de voie de circulation. Une attention particulière est portée sur les zones de prise et de dépose des briques, parpaings ou blocs de maçonnerie. Les hauteurs de saisie et de dépose ont toutes leurs importances. Il y a des zones : acceptables, bonnes et pénibles. Il existe des solutions si on anticipe. Les contraintes posturales pénibles sont prévisibles, au regard de la hauteur de prise sur la palette, qui diminue alors que la hauteur de dépose sur le mur augmente…

Il existe aussi des limites au transport manuel de charges (Code du travail, Normes, Recommandations de l’Assurance Maladie-Risques Professionnels). Il importe de les connaître, les analyser et les respecter. Les gestes et les postures doivent être resitués en fonction de l’approche globale du poste de travail.

Des conseils pratiques

A l’extérieur, avec Luigi Grisoni, conseiller en prévention des risques professionnels à l’ASMIS et monsieur Christian Guillon, de l’OPPBTP, des exemples de solutions sont présentés. Une exposition avec démonstrations de matériel concrétise les pistes d’amélioration des situations de travail évoquées lors des conférences.

Il existe aujourd’hui de nouvelles pratiques et de nouveaux matériels qui sont plus respectueux de l’homme au travail. Ils peuvent concerner l’outillage (ex. : type de truelle), le conditionnement des parpaings, les systèmes de construction (ex. : mortier, colles, blocs), les travaux en élévation. Pour cela, l’OPPBTP et les Services de Santé au Travail sont là pour conseiller les entreprises et leurs salariés.

Chiffres clés dans le BTP

-9 maladies professionnelles sur 10 sont des TMS
-Ces déclarations augmentent en moyenne de 16 % par an depuis 10 ans
-Elles représentent 2009 dans le BTP : 3,15 millions de journée perdues

(Publié dans le N°14 : L'obligation de reclassement) le 15/07/2011

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