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HOLCIM Cimenterie de Dannes

Tous les 3 ans, une cartographie du bruit guide la prévention

Près de 300 000 tonnes de clinker sont fabriquées pour produire de l’ordre de 385 000 tonnes de ciments et liants chaque année à la cimenterie HOLCIM à Dannes. Constituant du ciment, le clinker résulte de la calcination d’un mélange de calcaire (75%) et d’argile (25%). 90 salariés travaillent sur le site. La carrière s’étend sur 195 hectares et l’usine sur 20 hectares ! Le bruit est une préoccupation constante qui fait l’objet d’une surveillance sans merci.

Pour situer l’importance de la question, madame Stéphanie Curtet, coordinateur sécurité santé, précise d’emblée : « Selon la règlementation, l’usine devrait réaliser une cartographie du bruit tous les 5 ans au minimum. Nous la faisons tous les 3 ans sur conseil de notre médecin du travail, afin d’adapter la prévention, au plus près de l’évaluation ». A l’extérieur : la carrière, avec des bulldozers, des pelleteuses et des dumpers « hors gabarits ». A l’intérieur, le process fait appel à des installations particulièrement bruyantes : délayeurs, concasseurs, broyeurs, compresseurs, fours, convoyeurs… On comprend vite que le bruit soit sous haute surveillance.

De la cartographie à la dosimétrie

Stéphanie Curtet nous décrit la démarche : « La cartographie se fait avec des sonomètres dont la calibration est vérifiée. Les mesures doivent être fiables. Sur l’ensemble du site, tous les 3 ans, nous établissons un relevé aux mêmes endroits. Quand ceux-ci sont élevés, nous réalisons une dosimétrie. Le salarié porte alors un appareil léger qui intègre le niveau d’exposition sur l’ensemble du poste. Attention : il faut que la mesure se fasse de la prise de poste jusque la fin de poste. Sinon, le niveau peut être sous-évalué. Ces mesures demandent de la rigueur ! ».

L’apport de l’ASTIL 62

« Nous avons trouvé auprès de notre Service de Santé au Travail, l’ASTIL 62, une collaboration très efficace » précise Stéphanie Curtet. Médecin du travail, le docteur Elisabeth Ducarme connaît les salariés et les situations de travail : « Les relevés sont effectués par Nadège Fontaine, assistante de santé au travail. La collaboration entre technicien et médecin du travail est essentielle. Sur la cimenterie, nous réalisons un rapport tous les 3 ans vis-à-vis du bruit ». Et le rapport est impressionnant : 80 pages de relevés, de tableaux, d’informations et de photographies pour visualiser sans ambiguïté la centaine de points de mesures.

Des résultats étonnants…

En 2011, lors de la cartographie de bruit, des mesures attirent l’attention. Il s’agit des postes de conducteur sur pelleteuse et bulldozer. Les niveaux de dosimétrie ont fait l’objet de vérifications en 2011. Ils se situent autour de 80 dB. Pour le docteur Elisabeth Ducarme, « cela confirme qu’il faut toujours mesurer le niveau en situation réelle de travail ». Pour la cimenterie, au-delà de 80 dB, le port de bouchons d’oreilles est obligatoire. Pour les conducteurs d’engins, c’est un changement difficile. Préserver la santé entraîne quelques contraintes… Il faut acquérir de nouvelles pratiques. Pour plus de confort, les protections auditives de tous les salariés, dont les conducteurs d’engin, sont moulées à leurs oreilles, et le type de filtre est choisi avec attention par un technicien spécialisé d’une entreprise extérieure, en fonction du type de bruit au poste (les résultats sont alors ré-utilisés) mais aussi en fonction des besoins de communication de la personne, afin d’être le moins contraignant possible. Dans certains cas, les filtres « actifs » (amplifiant certaines longueurs d’onde comme la voix humaine) sont proposés, des protections branchées directement sur les talkies-walkies …

(Publié dans le N°18 : Alcool que veux-tu ? ) le 15/06/2012

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