Boulogne-sur-Mer : des médecins généralistes dialoguent avec le service de santé au travail

Enseignement Post universitaire

En juin 2015, à Boulogne-sur-Mer, 30 à 50 médecins généralistes assistent à leur réunion locale d’enseignement postuniversitaire. Ce soir, une équipe de l’ASTIL 62 fait une présentation sur le burnout, syndrome d’épuisement professionnel. L’ASTIL 62 est le service de santé au travail de Calais-Boulogne-Le Touquet. Résultat : deux heures de dialogues très pointus. Les approches sont hautement complémentaires. En effet, le burnout trouve son origine dans la vie professionnelle. Dans la grande majorité des cas, le malade va d’abord voir son médecin traitant. Or, la solution concerne l’entreprise. Et donc, pour sa partie, le médecin du travail. Dans le respect du secret médical et l’intérêt du salarié, médecin généraliste et médecin du travail sont donc amenés à dialoguer.

« Souvent, le patient d’un médecin généraliste du secteur est salarié de l’une de nos 8 000 entreprises adhérentes», nous explique Charlotte Barrois, chargée de projet et psychologue du travail à
l’ASTIL 62. « Le médecin généraliste et le médecin du travail ont des logiques différentes. C’est normal. Cependant, il nous apparaît important que les uns et les autres puissent se comprendre ». Lors d’une précédente réunion de l’association d’enseignement postuniversitaire du Boulonnais, le docteur Sophie Aubrun, médecin du travail à l’ASTIL 62, était venue sur le thème « Médecine générale et Santé au Travail ». « Le médecin généraliste est demandeur d’informations sur les relations entre santé et travail, santé et préservation de l’emploi du salarié » précise Charlotte Barrois. Les réunions d’enseignement postuniversitaire sont une opportunité pour échanger entre médecins généralistes et équipe de santé au travail.

Une question d’actualité

A 71 ans, après une carrière de chirurgien orthopédiste, puis de médecin conseil auprès de l’Assurance Maladie, le docteur Guy Laroche devient médecin du travail au sein de l’ASTIL 62 : « Je suis bien placé pour comprendre la complémentarité entre médecins généralistes et médecins du travail. A ce propos, le burnout est emblématique. Le médecin généraliste a devant lui un patient, dont la maladie résulte de son travail. Et, dans le suivi de ce patient, va se poser la question de la reprise du travail. Le médecin généraliste soigne le patient. Le médecin du travail accompagne le salarié. Patient et salarié sont les deux facettes d’une même et unique personne ».

Aptitude et visite de pré reprise

« Outre les questions relatives à la reconnaissance en tant que maladie professionnelle, les échanges ont porté sur la visite de pré-reprise et la détermination de l’aptitude au poste de travail », témoigne le docteur Guy Laroche. « Après un arrêt de travail de plus de trois mois, nous pouvons sur demande du médecin généraliste recevoir le salarié en visite de pré-reprise. C’est-à-dire avant la reprise effective du travail, pour voir dans quelle mesure le salarié peut reprendre son poste ». En outre, beaucoup de questions ont porté sur la détermination de l’inaptitude médicale au poste de travail et les procédures d’aménagement de poste, de reclassement, voire de licenciement.

Le travail en équipe

Au cours de cette soirée, le docteur Guy Laroche est intervenu avec Charlotte Barrois et Florie Gaestel-Wypych, psychologue du travail au SISE . Elle conclut : « De nombreuses questions ont porté sur les facteurs de risque psychosocial en entreprise. Tant à l’échelle individuelle que collective. C’est important d’avoir un langage commun pour accompagner une seule et même personne : le patient-salarié ».

1 – SISE Quai des entreprises : Société d’Ingénierie Sociale d’Entreprises, Coquelles.

(Publié dans le N°36 : La santé au travail a 15 ans !) le 10/10/2016